En Espagne, les évêques furent quasi-unanimement contre. L'Eglise bénéficiat d'un concordat qui faisait du catholicisme la religion de l'Etat et beaucoup craignaient que l'Eglise perde son statut. Il fallut ce qui a été considéré comme un coup de force de Paul VI avec la nomination de nouveaux évêques pour que peu à peu la situation change (le Cardinal Tarancon transféré à Tolède puis Madrid, le Cardinal Jubany transféré à Barcelone, etc...)
Ainsi que l'a rappelé M. Carbonell lors de la conférence du mercredi 25 avril à l'institut français, il faut attendre l'après référendum de 1978 sur la nouvelle constitution pour que, dès le mois suivant, les accords entre l'Espagne et le Saint Siège soient modifiés. L'Etat est aujourd'hui a-confessionnel (et non pas laïc). Il accepte un rapport avec toutes les religions mais a une relation spéciale avec l'Eglise catholique.
La déclaration sur la liberté religieuse indique la manière de se situer pour l’Eglise dans le monde contemporain ; plus encore, il est le type même du document qui oblige à constater le changement de regard que, au nom de sa fidélité à l’évangile et à sa tradition, l’Eglise porte sur sa propre tradition.